ateliers cartographie

Carte commune

L’idée était de produire ensemble une cartographie sensible d’Indre et Couëron, inédite, fidèle à la pratique spatiale de ceux qui la réalisent. Autour d’un thé/café, nous avons essayé notamment de nous immiscer dans les paysages de l’eau – Loire, marais –  par la méthode douce du dessin.                    Nous avons proposé cet atelier de cartographie à l’espace de la Tour à plomb pendant les Éphémères, à Couëron, le samedi 22 décembre.

 

La carte réalisée

le contenu de l'atelier

Nous avons installé un atelier de cartographie sensible et avons invité les spectateurs qui passaient là à venir cartographier avec nous.

L’idée était de produire une carte des lieux, de la Loire entre Indre et Couëron. Car dessiner, c’est analyser et retenir les caractères du paysage qui ont un sens. 

Il s’agissait de cartographier le vécu, l’émotion, la sensibilité. Car représenter un espace traversé d’affects permet de ré-interroger les liens que l’on développe avec l’espace quotidien.

Les enfants aidés des adultes, se sont pris au jeu du dessin. Nous avons commencé par dessiner et colorier la Loire puis nous avons ajouté des éléments autour. Les enfants ont exploré les modes représentatifs de la carte pour trouver les leurs, adaptés à la représentation de l’espace considéré.

Cet instant doux a permis de mettre en récit le territoire, de faire connaissance et de réfléchir ensemble aux enjeux du littoral. Les anciens racontaient aux enfants leurs expériences passées et les enfants énonçaient ce qu’ils avaient vu des lieux, dans une longue liste d’éléments marquants.

Nous proposions de représenter des données communes comme la Loire ou les marais. Situer le clocher de l’église, la maison dans l’eau ou la Tour à plombs.  

Mais des données plus intimes pouvaient prendre place dans la carte : là où est située ma maison, là où j’ai fait une rencontre importante, là où j’ai vu un animal extraodinaire, là où je me baigne…

L’interprétation par chacun de l’échelle de la carte a provoqué toute une négociation pour que chacun trouve son espace d’expression. Les seuls repères étaient ceux que les dessinateurs ajoutaient au fur et à mesure, avec leur lot d’imaginaire.

Travailler sur un outil intersubjectif de représentation d’un terrain commun – d’un terreau commun – comme la carte, permet de se rendre compte à quel point la fiction personnelle transforme le réel. Comment toutes ces fictions vont-elles cohabiter sur cette carte ?

Qu’est ce que la carte a fait au regard commun ? Comment est-elle venue augmenter la façon de voir et de dire les espaces ? La carte commune finalement produite donne à voir, les données immatérielles et subjectives propres à ce territoire.

« La « carte sensible » emprunte un peu à la cartographie conventionnelle mais en rejette une de ses dimensions fondamentales : elle désavoue la schématique de la « carte traditionnelle » et affrète l’inventivité comme une de ses perspectives majeures. Le projet de la « carte sensible », c’est « décrire graphiquement l’idée » selon les propres mots de Jean-Marc Besse. Révélant les mensurations d’une cartographie ouvertement constructiviste, elle bouscule l’idée que la science est hermétique à l’art et vice-versa : elle ouvre une brèche pour sonder leurs accointances. La « carte sensible » permet à la cartographie d’avoir un ancrage dans l’espace vécu.

Elle propose des solutions de représentation là où la cartographie classique échoue : traiter les données émotionnelles (par essence qualitatives), et représenter les micro-espaces. La « carte sensible » permet d’apporter une réflexion constructive pour contourner ces deux difficultés, et proposer de nouvelles représentations.»

Élise Olmedo

le déroulé de l'atelier

Fermer le menu